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Musique

Ahwach

Jeu collectif de poésie, de chant, de tambours et de danse dans les villages des Chleuh de l’Anti-Atlas et du Haut Atlas occidental et central. Hommes et femmes se font face en deux chœurs et chantent en alternance.

Ce que c’est

L’ahwach est le nom générique d’un jeu collectif qui associe poésie, chant, jeu du tambour et danse. Il appartient aux Chleuh, sédentaires de longue date et de parler tachelhit, appelés Ishelhayn en tamazight. Un petit ahwach peut être joué par trois garçons seulement en une dizaine de minutes ; un grand dure une vingtaine de minutes, réunit une soixantaine de villageois et accompagne les grands mariages.

D’où cela vient

L’ahwach se pratique dans l’Anti-Atlas, le Haut Atlas occidental et le Haut Atlas central jusqu’à une ligne imaginaire allant de Demnate à l’Asif Mgun. Dans cette zone de contact, l’ethnomusicologue Bernard Lortat-Jacob observait vers 1980 que l’ahwach gagnait du terrain sur l’ahidous, par exemple chez les Ayt Mgun. Les Glaoua passent pour des maîtres de l’ahwach ; l’encyclopédie des Amazighs cite aussi les ahwach de la kasbah de Taourirt à Ouarzazate et ceux des Ayt Wawzgit sur le versant sud du Toubkal.

De quoi c’est fait

L’instrument est le tambour sur cadre, appelé sur place tagnza ou allun (« tamis »), de la famille du bendir : environ soixante centimètres de diamètre, une peau de chèvre très tendue, fabriqué au village même, le noyer fournissant le bois. Contrairement à l’ahidous, les tambours n’ont pas de timbre ; dans l’Anti-Atlas, ils peuvent être de tailles différentes et jouer des rôles spécifiques. Un feu au milieu de la place réchauffe, éclaire et retend la peau des tambours.

Comment on le fait

Un ahwach réunit trois groupes : un poète-chanteur qui ouvre par un distique chanté, de nombreux tambourinaires qui reprennent le vers en chœur, et des chœurs dansants d’hommes et de femmes. Les chœurs se font face en deux arcs, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, et chantent en alternance, jamais ensemble. Les vers comptent moins par leur sens que par leur rythme ; ils peuvent même être remplacés par une formule de syllabes sans signification.

Une bonne quinzaine de tambours marquent ensemble les temps forts. Le tempo s’accélère régulièrement d’un bout à l’autre ; aux deux tiers environ, la cellule rythmique de base change, et ce passage s’appelle tizi, « le col », parce qu’au-delà on voit un autre paysage. Il n’est pas de bel ahwach sans tizi réussie.

Quand

Dans le Haut Atlas central, la saison des fêtes commence vers le mois de juin. Les ahwach des grandes fêtes d’été, surtout des mariages, sont l’affaire des lâamt, les associations des jeunes hommes célibataires d’un village ; on joue souvent plusieurs nuits de suite, et les spectateurs s’assoient tout autour sur les toits en terrasse.

Ouarzazate accueille le Festival national des arts d’Ahwach ; la 14e édition s’est tenue du 22 au 24 octobre 2026 à la kasbah de Taourirt et sur d’autres places de la ville, avec près d’un millier d’artistes, organisée par le département de la Culture du ministère et la préfecture de Ouarzazate.

Comment le reconnaître

L’ahwach se distingue de l’ahidous du Moyen Atlas et du Haut Atlas oriental par ses tambours sans timbre, un rythme à deux ou quatre temps au lieu des cinq habituels, et par le fait qu’hommes et femmes dansent le plus souvent séparément.

D’où cela vient

Originaire des régions Souss-Massa, Marrakech-Safi, Drâa-Tafilalet.

Quand on le rencontre

Mariage

Va avec

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Dernière vérification le 27 oct. 2026. 3 sources, dont 0 primaires (administration, UNESCO, exploitant).

  1. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  2. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  3. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  4. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  5. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  6. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  7. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  8. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  9. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
    Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  10. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  11. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  12. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  13. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  14. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
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  16. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  17. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.
  18. Hespress FR, 10.10.2026: Ouarzazate: le Festival national des arts d'Ahwach revient pour sa 14e édition. https://fr.hespress.com/491296-ouarzazate-le-festival-national-des-arts-dahwach-revient-pour-sa-14e-edition.html. Vérifié le 27 oct. 2026.
  19. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  20. Encyclopédie berbère 14 (1994), M. Peyron, F. Aït Ferroukh, G. Camps, H. Claudot-Hawad, OpenEdition: Danse. https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2373. Vérifié le 27 oct. 2026.
  21. Cahiers de littérature orale 73-74 (2013), Bernard Lortat-Jacob, OpenEdition: L'ahwash berbère du Maroc. https://journals.openedition.org/clo/2055. Vérifié le 27 oct. 2026.