Hammam
Le bain de vapeur hérité des thermes antiques, avec une suite de salles non chauffée, tiède et chaude. Intégré au quartier d’habitation, c’est un lieu de sociabilité.
Ce que c’est
Le hammam est un bain de vapeur, appelé aussi « bain maure », qui descend des thermes antiques. Pendant mille ans, il a formé avec la mosquée et le marché le cœur de la ville. Il est intégré au quartier d’habitation et constitue un lieu de sociabilité. Pour le Maroc, La Vie éco comptait en 2004 environ 5 000 hammams, dont quelque 1 000 à Casablanca.
Histoire
On considère comme précurseur du bain oriental le bain des châteaux omeyyades de Syrie, avec trois salles en enfilade, non chauffée, tiède et chaude, la salle chaude jouxtant la chaudière. Le hammam connut son apogée du XIe au XIIIe siècle, lorsque le nombre de bains indiquait le rang d’une ville. Dans l’Occident islamique, les bains reprirent des modèles andalous et omeyyades.
Pour Fès, la chronique Rawd al-Qirtas cite 93 bains à l’époque almohade ; en 1942, il y en avait trente, où l’on prenait chaque jour plus de 6 000 bains. Vingt-deux d’entre eux appartenaient alors aux Habous, les fondations religieuses, qui les affermaient aux enchères ; le hammam de Sidi Azouz date de l’époque mérinide, des mêmes années que la médersa Bou Inania. Le hammam Seffarine de Fès fut l’une des études de cas du projet de recherche HAMMAM (2005–2008).
De quoi c’est fait
Dans l’ancienne Fès, les seaux en bois d’une bonne vingtaine de litres venaient du quartier de Kebabine, qui leur doit son nom, et la chaudière en cuivre des chaudronniers de Seffarine ; on chauffait au bois, à la sciure, aux grignons d’olive et au fumier. Parmi les affaires des femmes, La Vie éco cite le henné, l’argile ghassoul, le gant kis, le savon noir, des huiles, un miroir et du parfum. À Fès, les familles faisaient venir le ghassoul de l’Oriental, le pétrissaient avec de l’eau, le séchaient sur la terrasse et y mêlaient des pétales de rose et de la camomille.
Jusqu’à aujourd’hui, on chauffe souvent au bois : la feuille de route du ministère de l’Énergie de 2021 cite la biomasse ligneuse, comme les déchets verts, les résidus d’élagage et la sciure, comme combustible des hammams et des fours, et veut réduire la pression sur les forêts par des alternatives au bois de feu dans les ménages et les hammams.
Comment on le fait
À Fès, en 1942, qui venait se purifier commençait par la friction ; on ne pouvait se savonner qu’ensuite. Dans la salle chaude, le masseur pétrissait le baigneur, frottait la peau à mains nues puis avec le gant de laine, et terminait en savonnant et en rinçant ; les femmes lavaient d’abord le henné de leurs cheveux, se frottaient et appliquaient le ghassoul. Aujourd’hui, au bain des femmes, la tayaba, l’aide de bain, se charge du gommage et du savonnage, applique le henné ou des masques et sert le thé à la fin.
Quand
Le vendredi et à la veille des fêtes, les bains étaient pleins ; La Vie éco cite la veille du vendredi, du ramadan et des fêtes. En 1942, le hammam appartenait aux hommes le matin jusqu’à une heure, aux femmes l’après-midi jusqu’à dix heures du soir. La haute saison est la saison froide, et pendant le ramadan, les habituées d’un bain de femmes viennent environ deux heures avant la rupture du jeûne.
Avant le mariage, la mariée prenait à Fès sept bains ; lors du dernier, le taqbib, les tayabat lui versaient sur la tête sept seaux d’eau tiède. L’accouchée allait au bain entre le sixième et le vingtième jour après la naissance ; pour la mariée et l’accouchée, la nfissa, les familles louaient autrefois le hammam pour quelques heures. Avant la fête du Sacrifice, hommes et garçons vont chez le barbier et souvent aussi au bain.
Comment le reconnaître
En 1942, un hammam de Fès comptait quatre salles principales en enfilade : el-gelsa pour se déshabiller et se reposer, el-berrani, la salle froide, el-oustani, la tiède, et ed-dakhli, la chaude, à environ 35 degrés, avec un bassin d’eau chaude contre le mur du foyer. Depuis la rue, un couloir coudé mène à la salle de repos. La lumière n’entre que par des ouvertures vitrées dans les voûtes et les coupoles.
En bref
- Salles à Fès
- el-gelsa, el-berrani, el-oustani et ed-dakhli
- Nombre au Maroc
- environ 5 000 (2004)
D’où cela vient
Présent dans tout le pays, sans lieu d’origine nommé par une source.
Quand on le rencontre
Ramadan · Aïd · Mariage · Vendredi · Jours froids · Après une naissance
Va avec
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Dernière vérification le 25 oct. 2026. 8 sources, dont 1 primaires (administration, UNESCO, exploitant).