Ahidous
Danse collective des villages amazighs du Moyen Atlas et du Haut Atlas oriental, où hommes et femmes dansent ensemble et où deux groupes chantent les vers en alternance. Le seul instrument est le tambour sur cadre, appelé allun ou bendir.
Ce que c’est
L’ahidous est la danse collective des villages amazighs, surtout du Moyen Atlas, une danse mixte qui unit poésie, chant et danse. L’Encyclopédie berbère y voit la danse fondamentale des anciens pasteurs transhumants, aujourd’hui sédentarisés, du Moyen Atlas et du Haut Atlas oriental, comme les Ayt Hadiddou et les Ayt Merghad ; hommes et femmes y dansent ensemble, en ligne ou en cercle. L’administration de la culture la compte parmi les éléments fondamentaux du patrimoine musical immatériel du Maroc et parmi les principales danses collectives de la société amazighe.
Les danseurs forment un cercle ou une ligne, épaule contre épaule, et se meuvent comme un seul corps. On dit que l’on « joue » l’ahidous, car danse, tambour et chant forment un tout.
D’où cela vient
L’ahidous est chez lui dans les régions montagneuses du Moyen Atlas et chez les tribus du Haut Atlas oriental autour d’Imilchil. Une étude parue dans la revue Clio le décrit à partir de l’exemple de la petite ville de M’rirt et de sa campagne environnante.
De quoi c’est fait
Le seul instrument est le tambour sur cadre, appelé allun ou adjoun en tamazight, bendir en arabe. Il se compose d’un cerceau de bois sur lequel est tendue une peau de chèvre, que l’on chauffe au-dessus du feu pour la raidir ; des cordes de timbre tendues sous la peau lui donnent sa sonorité vibrante. À la campagne, les joueurs fabriquent et entretiennent souvent eux-mêmes leurs tambours ; en ville, on les emprunte ou on les achète le plus souvent.
On chante des izlan (au singulier izli), de courts distiques composés par des improvisateurs locaux ; ils parlent le plus souvent d’amour, sont souvent moqueurs, et plusieurs centaines circulent oralement, à la radio et sur cassettes.
Comment on le fait
On chante de courts distiques que les deux groupes de la danse reprennent en alternance ; un chanteur entonne, les autres reprennent le chant en chœur. Lors d’un ahidous des Ayt Brahim en 1981, deux rangées se faisaient face, le meneur entonnait l’izli, l’autre rangée le chantait, puis venaient des flexions des genoux, des mouvements de haut en bas et des sauts sur la pointe des pieds. Les mouvements sont faits de frémissements, de balancements et de martèlements au rythme du tambour, qui compte le plus souvent cinq temps. Les épaules se lèvent et s’abaissent, et le cercle tourne par des pas vers la droite.
Les meilleurs danseurs et joueurs s’appellent imchaden (au singulier amchad) : ils donnent les rythmes, mènent la danse, connaissent les chants et les transmettent aux plus jeunes. Les garçons apprennent en regardant et en imitant lors des mariages, et parviennent peu à peu jusqu’au tambour ; les filles apprennent beaucoup à la maison, où les femmes jouent du tambour et chantent avec une grande maîtrise.
Quand
La principale occasion est le mariage : les invités des villages voisins et les familles des mariés entrent dans le cercle, surtout à l’automne, lors des longues fêtes du soir. Il existe un ahidous propre à la mariée, l’ahidous n’tislit, avant qu’elle ne parte dans la maison de son mari. On danse aussi au moussem d’Imilchil et spontanément sur les pâturages d’été, où bergers et bergères forment un cercle.
Depuis 2000, le Festival national d’ahidous se tient à Aïn Leuh, dans la province d’Ifrane, organisé par l’association Taymate des arts de l’Atlas avec le ministère de la Culture. La 25e édition était prévue du 23 au 25 juillet 2026, portée par la direction régionale de la culture de Fès-Meknès et l’association ; l’édition 2025 avait réuni une quarantaine de troupes.
Comment le reconnaître
L’ahidous se distingue de l’ahwach des Chleuhs de l’Anti-Atlas et du Haut Atlas occidental par la chorégraphie et le son : là-bas, les tambours n’ont pas de cordes de timbre, le rythme compte deux ou quatre temps, et hommes et femmes dansent souvent séparément.
D’où cela vient
Originaire des régions Béni Mellal-Khénifra, Fès-Meknès, Drâa-Tafilalet.
Quand on le rencontre
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Dernière vérification le 25 oct. 2026. 5 sources, dont 1 primaires (administration, UNESCO, exploitant).